Réduction des émissions de CO2 du transport maritime : la France souhaite réguler la vitesse des navires

Afin de diminuer à court terme l’empreinte carbone du transport maritime, la France promeut la régulation mondiale de la vitesse des navires. Elle a déposé en ce sens un projet auprès de l’Organisation maritime internationale (OMI) qui sera étudié en mai prochain. Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, se félicite de cette action co-construite avec les armateurs français et rappelle l’engagement du Gouvernement pour un transport maritime plus propre.

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Il y a un an, l’OMI adoptait sa stratégie initiale pour la réduction des gaz à effet de serre des navires, activement promue par la France et le fruit de plusieurs années de négociations internationales. La stratégie prévoit trois grands objectifs qui s’inscrivent dans une ambition globale de suppression des émissions :
• Un objectif de court terme : plafonner les émissions le plus tôt possible
• Un objectif de moyen terme : réduire les émissions d’au moins 40 % d’ici à 2030 par rapport à 2008
• Un objectif de long terme : réduire le volume total des émissions annuelles d’au moins 50 % d’ici à 2050, par rapport à 2008
La réalisation du premier objectif est cruciale pour donner aux deux suivants leur pleine efficacité dans la lutte contre le changement climatique. La régulation de la vitesse constitue ainsi une mesure très efficace pour plafonner les émissions des navires au plus vite. En effet, cette action ne nécessite pas d’investissement technologique coûteux et elle peut être contrôlée par des moyens existants.
Un travail conjoint avec les armateurs français
L’Etat et les armateurs français ont travaillé main dans la main pour aboutir à une proposition qui sera présentée lors de la prochaine session de négociations de l’OMI au mois de mai à Londres. Le document propose la mise en place immédiate de la régulation de la vitesse des navires.
Dans un second temps, chaque armement, quelle que soit sa catégorie, se verrait fixé un plafond annuel d’émissions de gaz à effet de serre pour sa flotte et aurait le choix des moyens pour le respecter (régulation de la vitesse, amélioration de l’efficacité énergétique…).
« La réduction de la vitesse est une solution efficace pour relever le défi environnemental auquel le shipping est confronté » a déclaré Jean-Marc Roué, président de Armateurs de France, l’organisation professionnelle des entreprises françaises de transport et de services maritimes. « Selon les secteurs d’activités du transport maritime, elle doit désormais être réglementée pour une application pérenne, en évitant toute distorsion de concurrence », a-t-il ajouté.
Pour Elisabeth Borne, « les engagements pris il y a un an doivent être suivis d’effet le plus vite possible, c’est pourquoi le Gouvernement français soutient les mesures efficaces qui vont dans ce sens. La régulation de la vitesse en fait partie, soit comme instrument de régulation directe, soit comme outil à la disposition du secteur pour respecter ses obligations. Je me félicite du travail conjoint avec les armateurs et souhaite que l’on poursuive ces efforts pour un transport maritime respectueux de l’environnement ».

publié le 15/04/2019

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