Entretien entre Mme Annick Girardin et M. Kitack Lim (27 octobre 2020)

Mme Annick Girardin, Ministre de la mer et M. Kitack Lim, Secrétaire général de l’Organisation Maritime Internationale (OMI), se sont entretenus pour la première fois aujourd’hui, par visioconférence.

PNG

Cet échange a permis de revenir sur les initiatives françaises en cours au sein des différents groupes de travail et comités de l’OMI :

-  Mesures sur la décarbonation des transports :
En application de la Stratégie initiale de l’OMI sur la réduction des gaz à effet de serre des navires adoptée en 2018, le groupe de travail de l’OMI sur les gaz à effet de serre (ISWG-GHG 7) a finalisé la semaine dernière la « mesure de court terme » visant à réduire l’intensité carbone du transport maritime international de 40 % à l’horizon 2030. Le compromis qui a été trouvé n’est pas à la hauteur des attentes françaises, mais constitue une première étape indispensable.

-  La mise en place d’une zone d’émission contrôlée d’oxyde de souffre (SECA) en Méditerranée :
Les navires contribuent à la pollution atmosphérique en émettant des oxydes de soufre, précurseurs des particules fines, et des oxydes d’azote. La France est depuis 2017 à l’origine de la mobilisation de tous les Etats méditerranéens qui ont acté en décembre 2020 un accord pour que l’ensemble de la Méditerranée devienne une zone où ces émissions atmosphériques devront être particulièrement réduites, appelée zone ECA à l’image de ce qui est déjà en place pour la Manche et la mer du nord.

-  L’impact de la pandémie sur la situation des gens de mer et la question des relèves d’équipages :
1,6 million de marins, acteurs essentiels mais invisibles de la mondialisation, sont confrontés économiquement et socialement à la crise du COVID 19. Plus de six mois après le début de la crise, malgré les appels répétés des organisations internationales et des représentants du secteur maritime, la situation reste critique : de nombreux gens de mer ont dépassé la durée prévue de leurs contrats et trop peu de ports autorisent effectivement les changements d’équipage. Cela s’ajoute aux difficultés rencontrées pour obtenir un accès adéquat aux soins médicaux et aux congés à terre. La France a, pour sa part, ouvert ses ports et quelque 30 000 marins y ont ainsi transité depuis le mois de mars.

-  La réduction du bruit sous-marin :
En 2014 ont été publiées par l’OMI des Directives visant à réduire le bruit sous-marin produit par les navires de commerce. Il a été demandé à l’OMI de réviser ces Directives à l’aune des innovations technologiques et en renforçant la coopération internationale sur le sujet.

-  L’interdiction du fuel lourd en Arctique :
Du fait des changements climatiques, les zones de l’Arctique couvertes de glace diminuent en été, les routes de navigation maritime dans la région deviennent plus accessibles et les saisons pendant lesquelles les navires peuvent y circuler en toute sécurité sont plus longues. Les effets néfastes du carbone noir sur la glace, émis par les fumées des navires, et les risques de marées noires ont décidé l’OMI a créér un groupe de travail à ce sujet.

***

Etat membre de l’OMI depuis sa création, la France y joue un rôle très actif en sa qualité de membre du Conseil réélue tous les deux ans depuis 1948. Elle est candidate à sa réélection en 2021.

publié le 27/10/2020

haut de la page